Nomadisme et sédentarité


En 753 av notre ère, Romulus trace un sillon et dit : « Là seront les murs de la ville ». Rémus, son frère jumeau, par défi ou dérision, saute par-dessus le sillon. Romulus le tue. C’est le triomphe du sédentaire.
Dans un passé mythique bien plus lointain, la première relation entre deux humains oppose un nomade ,Abel, et un sédentaire , Caïn, les premiers fils du premier couple. Dieu accepte l’offrande du premier, refuse celle de l’autre. Le texte ne dit pas pourquoi. « Or Caïn, je cite, parla vers Abel, et il advint que Caïn se leva contre son frère et le massacra ». On ne sait pas ce que Caïn a dit, ni si Abel a répondu. Mais était-ce si important de le savoir ? Le message à retenir est qu’entre le nomade et le sédentaire , aucun dialogue ne peut exister. Caïn est chassé. C’est ici le triomphe du Nomade.
Toute l’histoire de l’humanité est contenue dans ces deux mythes. Elle est est, en effet, l ‘histoire d’un conflit perpétuel entre ces deux modes de vie, aussi nécessaires l’un que l’autre, peut-être parce qu’ils font écho à deux aspirations fondamentales de l’homme : l’immobilité et le mouvement.
Comment, en effet, peut-on imaginer que l’on puisse construire autrement que dans la stabilité et la durée ? Sans nomade, pourtant, point de sédentaire et probablement point d’évolution et de progrès.
A vivre d’une façon ou de l’autre, l’homme a connu —et connaît encore—le meilleur et le pire , les bienfaits de la civilisation et les ravages de la barbarie.
Le sujet est complexe. L’intention de cette modeste planche est de tenter de cerner au plus près les notions même de sédentarité et de nomadisme et d’oser défendre l’idée , quelque peu utopique, que l’homme ne peut se bâtir qu’à la croisée de ces deux grandes routes qui, quoique divergentes, sont nécessairement appelées à se couper , non seulement dans l’histoire générale de l’humanité, mais aussi dans le cours de l’existence même des individus

DEFINITIONS

Premières approches.
A quoi pensons-nous lorsque nous prononçons les mots de « nomade » et de « sédentaire » ?
Les deux termes constituent un groupe de mots à la fois indissociables et contradictoires, l’un s’éclairant de ses différences avec l’autre. Les visions spontanées qu’ils suggèrent sont souvent sous-tendues par des préjugés favorables ou dépréciatifs.
Le nomade est , dans notre esprit, souvent associé à l ‘image du « déraciné » ou du « sans-racine » ; c’est l’homme qui , constamment en mouvement,
devient le type même du « migrant » perpétuel ; on l’imagine se déplacer dans un espace ouvert et illimité, ou du moins dans un espace sans limites précises et bien définies, vivant selon des rythmes changeants, imprévisibles, menant une existence d’indépendance dans une marginalité délibérée et souvent fièrement revendiquée.
Le sédentaire, au contraire,nous suggère l’idée d’un « enraciné » : c’est un homme solidement implanté dans l’espace , un espace bien localisé auquel il appartient et dont il proclame son appartenance. Alors que le nomade est constamment « en chemin », le sédentaire est un homme qui « habite », installé au centre d’une large toile rassurante et protectrice d’habitudes, de coutumes, de conventions, de lois……
Certes, ce sédentaire entend parfois l’appel du « large » et de l’ »espace ». Alors il voyage…..Peut-être ne s’est-elle pas tout à fait éteinte en lui la voix du vieux nomade qu’il fut probablement en des âges lointains ? En fait, ce voyageur qui « nomadise » à plaisir , transporte avec lui , d’hôtels en auberges, une sédentarité qui ne le quitte vraiment jamais , heureux simplement de l’illusion de « dépaysement » ou de liberté qu ‘il se donne —-souvent à grands frais !…
Mais le voyage ne faisant pas le nomade, peut-on dire , comme on l’entend souvent, que le nomade « voyage » vraiment ? En dépit de l’usage courant qui associe les deux termes, je serais tenté de répondre par la négative. Pour moi, voyager c’est, tout à la fois, «  partir », c’est à dire « quitter » ; c’est « arriver » ; c’est,  enfin, « revenir ». Or le nomade , qui n’est de nulle part et qui est partout chez lui, n’a rien à quitter, « n ‘arrive » jamais et ne souffre d’aucune « nostalgie », au sens premier du terme de « mal du retour ».
Je serais enclin à penser que le nomade n’est pas ,non plus un « errant », car il a des repères, des rites, des codes. Même s’il n’est lié à aucun lieu, il reste attaché à des identités.
Pour faire court, si l’on voulait, par une image, différencier ces deux genres de vie, l’on pourrait dire que la sédentarité , c’est le « château fort », fixé solidement dans l’espace et défiant le temps, tandis que le nomadisme , c’est la caravane défiant l’espace et soumise au temps.

—Différenciation étymologique

L’étymologie confirme cette première analyse et nous éclaire davantage dans la compréhension de ces deux concepts.
Dans « sédentaire », nous reconnaissons le participe présent du verbe latin « sedeo », « s’asseoir » ou « être assis ». Or « s’asseoir », c’est arrêter ou suspendre le mouvement, c’est « prendre place », occuper un espace—que l’on est prêt souvent à défendre comme étant le sien. La langue germanique est encore plus expressive : le verbe « posséder » « bezitzen », est construit sur « sitzen », « s’asseoir ». L’ancien droit germanique illustre bien cette corrélation entre possession et sédentarisation, puisque , pour marquer sa prise de possession d’un objet, il fallait accomplir le geste symbolique de s’asseoir dessus !
Le sédentaire est donc, avant tout, un « possédant », un possédant attaché à sa possession. La possession d’un espace est souvent consacrée par l’acte de l’ « habiter ». Que l’on se souvienne encore que le verbe « habiter » est construit sur le latin « habere », « avoir ».
Ainsi, notre sédentaire est l’homme d’un espace précis, il est d’un village, d’une ville, d’un pays ; c’est le citoyen d’un Etat, d’une Nation, d’une Patrie. Le territoire qu’il occupe , il le veut enclos dans des limites bien définies, jalousement protégées.
Le premier sédentaire semble avoir été le paysan—proprement « l’habitant du pays ». Ainsi, l’agriculture, la propriété, le capitalisme sont de naissance sédentaire. Le totalitarisme aussi, hélas !
Le nomade, au contraire, étymologiquement, est celui qui n’a pas d’habitation fixe. De façon significative, le mot ne vient pas du latin, mais du grec. Les Romains , peuple sédentaire par excellence, étaient en général, ou agriculteurs ou soldats ; les Grecs, au contraire, peuple nomade, étaient surtout composés de bergers et de marins : pas étonnant qu ‘ils aient créé le mot « nomade ». « Nomados » est littéralement « celui qui change de pâturage, qui erre d’un pâturage à l’autre, à la façon des troupeaux ». Cette répartition des pâturages étant soumise à des règles et des usages, le verbe « némo », qui a donné « nomados » a fini par donner aussi « nomos », « la loi ».
Le dieu du berger est par excellence un dieu nomade—et non un de ces nombreux dieux « sédentarisés » sur le mont Olympe. C’est celui qui est partout et nulle part, dans le vaste temple de la nature : c’est le dieu Pan. Malgré les différences nombreuses qui les séparent , panthéisme et monothéisme me paraissent devoir être rapprochés ici sur un point au moins : tout comme le panthéisme, le monothéisme est une invention nomade. C’est, en effet, dans le vaste désert de ces nomades séculaires que furent les Hébreux, qu’il est né. Le mot « hébreu » est formé sur le terme « ivrit », « passer ». L’Hébreu est proprement «  l’homme qui passe ». Il passe, parce qu’il est appelé , par un destin tragique, à ne devoir s’arrêter jamais nulle part ; il « passe » aussi parce qu’il a vocation à être un « passeur », cad, un « transmetteur ». Nous le verrons, c’est peut-être là la grande fonction civilisatrice du nomade.
La loi, le monothéisme, l’enseignement civilisateur(par la transmission), sont ainsi à mettre dans le bagage du nomade. Ajoutons-y ce dernier objet et qui n’est pas des moindres : la démocratie. Les marins grecs, en effet, ces nomades souvent partis, par crainte d’abandonner tout le pouvoir à ceux qui restaient, ont eu l’idée de faire adopter un système politique qui leur permît de prendre part, à leur retour, aux affaires de la cité. Ils l’ont appelé « démo-cratie », « le pouvoir du peuple », le pouvoir de tous.
Encore un joli mot de nomade !


LE TRIOMPHE DU SEDENTAIRE

Ces analyses démontrent , à l’évidence, les origines nomades de l’homme.
Mais le triomphe de la civilisation sédentaire est tout aussi évident.

C’est un fait reconnu que la sédentarité s’est construite sur le nomadisme.
Depuis le premier primate, il y a six millions d’années, jusqu’aux premiers sédentaires , il y a dix mille ans, les humanoïdes vivent en voyage dans la précarité et la peur, à la recherche de vivres et d’abris. L’homme naît physiquement et culturellement de cette nécessaire errance. Vers cinq mille ans avant notre ère, les 2/3 des habitants de la planète sont nomades—chasseurs, pasteurs ou bergers–, les autres sont devenus des sédentaires paysans.
On sait comment la civilisation sédentaire s’est nourrie d’inventions nées du nomadisme : le feu, les vêtements, les outils, l’écriture, l’arc, le marché, le bateau, la roue, etc….ont été des inventions de nomade, provoquées par le besoin ou la nécessité, tout comme l’art (musique , danse, peinture, sculpture).
On peut même affirmer que les premières villes et les premiers empires ont été indirectement des œuvres de nomades , puisqu’elles sont nées de la peur que les nomades inspiraient à ceux qui ne l’étaient plus ! L’histoire, on le sait, a été racontée par des sédentaires. Ainsi nous est-elle présentée souvent comme une succession d’efforts de nations « civilisées » pour se protéger contre l’invasion de « hordes barbares » , censées être venues piller leurs « légitimes » richesses !
Dans le temps même où il s’établissait comme sédentaire, l’homme se désolidarisait de ce nomade qu’il avait été et qui l’avait « aidé » à s’installer. Le nomade, à ses yeux, avait pris mauvaise réputation ; c’était un être sauvage, sans foi ni loi et dont on ne devait attendre que le pire. Encore aujourd’hui nos sociétés bien « assises » et bien pensantes ne le tolèrent qu’avec beaucoup de réticence et une condescendance méprisante , faisant par là même injure à la belle hospitalité en usage dans les mœurs nomades.
Si humble, en effet, et si précaire qu ‘elle fût, l’habitation du nomade était un lieu sacré où nul n’avait le droit de porter les armes. Une tribu qui recevait un « étranger » était responsable de sa sécurité , même si c’était un ennemi. Le premier acte du nomade Abram a été un geste d’hospitalité ; et le récit biblique nous enseigne que Sodome et Gomorrhe ont été détruites non pas tant pour la perversité de leurs mœurs que pour avoir avec arrogance contrevenu au devoir sacré d’hospitalité.
Il est remarquable que le grec utilise le même mot « xénos » pour dire « l’hôte » et « l’étranger » ; il est tout aussi remarquable que notre langue de « civilisés » n’ait retenu du mot que le sens d’ « étranger » !!


Pourtant l’aspiration de l’homme à la sédentarité est légitime et naturelle. S’il est indéniable que l’homme est né nomade, il apparaît avec autant d’évidence qu’il a vocation à devenir sédentaire.
Rappelons simplement qu’il ne peut s’épanouir qu’au sein d’une société structurée , organisée, hiérarchisée. Sa vulnérabilité naturelle le pousse à construire une cité qui le protège. Sans cité, point d’école, de justice , de loi ; point de travail ni d’hôpitaux…Bref, la sédentarité lui offre le moyen de survivre à sa précarité, de se réaliser pleinement au milieu de ses semblables et de jouir des bienfaits du progrès. Cet enracinement dans l’espace est aussi un enracinement dans le temps. C’est là un facteur important de développement. Car c’est par son insertion dans une histoire et une tradition qu’il peut mener à bien ses projets d’avenir. Sans cette permanence et cette continuité, il n’est aucun espoir d’évolution et d’amélioration . C’est pourquoi le nomadisme a été et est encore considéré de plus en plus comme une forme de vie arriérée


LES AVATARS MODERNES DU NOMADISME

Ainsi, le nomadisme, dans sa forme traditionnelle, est aujourd’hui moribond.
Depuis la deuxième guerre mondiale, la destruction des peuples nomades s’est accélérée, que ce soit par la guerre, la déforestation ou la sédentarisation. Les Européens furent dans leurs colonies de grands massacreurs de nomades. La sédentarité totalitaire de Mussolini, Hitler et Staline s ‘est livrée à une extermination méthodique et massive de tout ce qui faisait figure de nomades aux yeux des tyrans : les Juifs, les Tziganes—apatrides notoires– et même les Francs-Maçons, ces « nomades de l’esprit »…Les institutions internationales continuent de penser que le nomadisme retarde le progrès et que les nomades sont des intrus et des marginaux , que rien n’incite à protéger. Il faut attendre 1982 pour que le conseil économique et social des Nations Unies crée une «  Sous-commission pour la protection des droits de l’Homme ». En fait le nomade n’en a reçu qu’une bien timide protection.


Cependant un nomadisme nouveau et très dégradé est apparu , généré par l’excès même de sédentarité. Il s’agit d’un nomadisme de la misère dans les villes  et d’un nomadisme de la richesse marchande provoqué par le phénomène de la mondialisation .
Dans les villes , en effet, une sorte de précarité pèse comme un destin sur le mode de vie des citadins, et nombre d’entre eux basculent dans un nomadisme de la déchéance par une succession d’étapes inexorables : chômage-pauvreté-perte de logement-abri public-asile-mendicité-clochardisation. Le S.D.F.—ce Sédentaire Démuni et Frustré– connaît désormais la marginalité nomade et vit sa nouvelle errance dans la douleur , l’amertume et la nostalgie, aux côtés même du « passant honnête » qu’il croise et qui lui renvoie impitoyablement  l’image de ce qu’il fut naguère.
La mondialisation a provoqué, à sa manière, l’éclatement de la sédentarité. Soucieux uniquement des avantages immédiats, certains sédentaires rompent leur sédentarité, et, se faisant de plus en plus volatiles, partent pour des régions lointaines et des séjours provisoires , appâtés par la promesse de gains substantiels.
Reconnaissons que clochards et marchands n’offrent qu’une image bien caricaturale du nomade !

Cette sédentarité excessive et de plus en plus exclusive a provoqué, en retour, une forme de nostalgie d’un certain nomadisme. Il s ‘agit d’un nomadisme idéalisé , stylisé, doté de toutes les vertus que la sédentarisation a fait perdre à l’individu.
Esprit ouvert au monde et à l’espace, dégagé de tout attachement aux biens matériels, le nomade ,toujours « en chemin », devenait l’homme du silence, de la liberté et de l’échange.
Souvent on a reconnu au nomadisme une fonction « purificatrice ». Ainsi a-t-on connu les « nomades de la foi » qui, dan s le dénuement total, se lançaient sur les routes , prêchant une spiritualité chrétienne ou bouddhiste…Ainsi, les Hébreux auraient pendant 40 ans « nomadisé » dans le désert , comme pour se laver de 300 ans de sédentarité forcée en terre d’Egypte, et ce, afin de pouvoir gagner ainsi purifiés, la Terre Promise…Du reste, selon Jacques Attali, « le nomade ne se met pas en marche s’il n’a une terre promise à laquelle rêver. »
Toute une littérature, par ailleurs, est née de cette idéalisation . Citons simplement les jolis chants des Troubadours, ces nomades de l’Amour Courtois ; l’épopée des Chevaliers de la Table Ronde ; le roman médiéval de Tristan et Iseult .  N’oublions pas « Don Quichotte », ce chevalier burlesque qui marche avec obstination vers un idéal de grandeur et de liberté, dans le mépris d’une sédentarité  matérialiste.
Ajoutons que l’exaltation du mythe du « bon sauvage » par nos philosophes des Lumières a été une façon de remettre en question la prétendue civilisation du Parisien , face à certaines peuplades nomades du globe, dites « primitives », lesquelles, à en croire Bougainville, –et même Montaigne– auraient eu bien des leçons d’humanité à donner aux fiers citadins !

Rappelons enfin que l’exotisme romantique était inspiré par la soif d’un « Ailleurs » capable de répondre , loin des miasmes urbains, aux aspirations les plus nobles de l’âme humaine.

CONCLUSION

C’est pourquoi, arrivé enfin au bout de cet exposé, je me refuse à faire « mourir » mon nomade. Dans ce monde presque entièrement sédentarisé , il a encore sa place , ne serait-ce que pour permettre à l’homme de vivre sa sédentarité sans en être écrasé. Selon un proverbe tzigane, « tuer le nomade, c’est tuer la part de rêve où toute la société va puiser son besoin de renouveau ».
Aujourd’hui où le progrès a donné au sédentaire la maîtrise de l’espace ; aujourd’hui où les nouvelles technologies de communication mettent le monde à notre portée sans même que nous ayons à nous déplacer, serait-ce si irréaliste d’imaginer la possibilité d’une convergence véritable entre ces deux types d’hommes qui, au cours de l’histoire, se sont presque constamment affrontés ?
Déjà, «  en nous offrant une multitude de « sites », Internet fait de nous des immigrés et des sédentaires virtuels »(J.Attali)
Mais «  pourquoi ne pas croire en l’utopie d’une démocratie planétaire , nomade, ouverte à une citoyenneté mondiale, ainsi pourrait-on rester immobile sans                                                                                                         perdre les qualités de nomade et voyager sans perdre celles de sédentaire ! »                                                                                                    Peut-être que , retrouvant l’humilité –toute nomade– de ne plus se croire propriétaire du monde, nous pourrions devenir capable d’écoute, et faire de nouveau son hôte de l’étranger de passage , restituant ainsi au « xenos » grec sa pleine et entière signification ?
Au fond, n’est-ce pas là l’essentiel du grand projet maçonnique ?
Quand, sur le parvis du temple, nous nous délestons d’une partie de nos métaux, c’est bien d’une partie de notre sédentarité que nous tentons de nous défaire, cad, de cette part de nous-mêmes altérée par notre culture matérialiste de sédentaire.
De la même façon, notre apprentissage maçonnique nous éduque à nous défaire de cette sédentarité de l’esprit qui tend à l »installer dans la certitude , l’opinion ou le dogme. « Une idée, même vraie, selon Alain,  devient fausse à partir du moment où l’on s’en contente », cad., à partir du moment où l’on s’y arrête. Le Maçon, comme le nomade , est un homme toujours « en transit ». Il est animé de cet amour du vrai et de cette curiosité toujours en éveil qui l’exhortent à chercher sans cesse et à trouver sans jamais cesser de chercher…
Quand nous franchissons le seuil du temple, nous pénétrons dans le lieu de tous les espaces, de tous les séjours et de tous les départs.
Car le temple est, comme je rêve de voir le monde , le lieu où l’enracinement peut-être vécu comme une découverte, et non comme un engourdissement ; le lieu où le voyage est vécu non plus comme un arrachement , mais comme un renouvellement ; le lieu, enfin, – et je terminerai en laissant la parole  encore à J.Attali—où «  l’Immobilité et le Mouvement , cessant leur antagonisme, se fécondent au contraire, pour donner à l’homme la possibilité de vivre en sédentaire pour mieux se construire et en nomade pour mieux s’inventer ».

William. DAR

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