Le dérèglement climatique

Le dérèglement climatique et ses conséquences peuvent être soit la cause de conflits nouveaux, soit provoquer un sursaut de solidarité humaine face au danger.

Quel rôle la franc-maçonnerie peut-elle jouer dans cette alternative ?


La réflexion sur l’impact négatif de l’action humaine sur l’environnement est alimentée par les médias et les réseaux associatifs ; c’est pourquoi notre commission ne parlera pas de bilan, mais de prospective.
La première action à mener est de faire un audit inter-obédienciel de nos réseaux, en France mais aussi en Europe. Il nous faut lister les compétences de nos frères et sœurs présents dans les sciences techniques et humaines et trouver des spécialistes de la logistique, de l’urbanisme ou des Technologies de l’Information. Cette phase nous permettra d’approfondir nos connaissances et d’avoir la caution de sommités lors de rapports que les Loges pourraient fournir aux décideurs publics et privés au niveau européen.  Si nous voulons être crédibles et cohérents dans notre apport de propositions, nous devons également renforcer notre communication interne sur le débat.
La seconde étape est plus délicate. Il s’agit de faire entendre notre voix à l’échelon européen, comme l’ont fait depuis 1995 les ONG, pour nous placer progressivement non pas en opposants ou en partisans, mais en prescripteurs. Concrètement, nous devons nous interroger sur la faisabilité d’un lobbying déclaré, officiel  et encadré par les lois en vigueur pour insérer notre réflexion dans les plans d’actions de l’UE.

Cela amènera la mise en oeuvre de moyens conséquents et coordonnés, de manière complémentaire aux autres zones du globe. De nombreuses associations à caractère spirituel ou religieux ont déjà leurs représentations auprès des institutions communautaires, pour mieux faire entendre leur voix dans le monde profane. Il n’y a rien de dégradant, ni d’anormal à ce que nous en fassions de même. La franc-maçonnerie peut aussi jouer un rôle via l’éducation et la formation.

Toutes les écoles de commerce travaillent sur les modèles économiques et sociaux de management. La dimension multiculturelle et humanitaire y est très marquée, tant au niveau des programmes que des actions menées par les étudiants. Le développement durable, la prise en compte de la diversité et la gestion des risques font partie intégrante du fonctionnement et des stratégies de ces écoles. Il n’y aurait donc pas d’offense à aller présenter nos préconisations sur la question climatique. Il ne s’agit pas de prosélytisme, mais de montrer combien la tolérance et la libre pensée peuvent être efficaces dans la gestion des organisations. La franc-maçonnerie, et tout particulièrement le Grand Orient de France, a contribué à la réflexion sur des enjeux de société comme l’abolition de la peine de mort ou la liberté de l’avortement. Il n’y a rien de choquant à contribuer activement à la recherche de solutions à l’un des plus grands problèmes de notre temps. Cela ne signifie pas que les obédiences doivent tout faire elle-mêmes. Elle n’en ont ni la capacité, ni la volonté. Mais cette « révolution culturelle » peut mobiliser d’autres structures alliées, dans des domaines vitaux au regard des déplacements massifs de population à venir.
Attention : si nous continuons la politique de l’autruche sur les actions à mener –  serait-ce qu’à titre de conseil et d’aide à la gouvernance – nous n’aurons peut-être plus demain la même audience qu’aujourd’hui dans un monde qui aura évolué et survécu sans nous.

Songez-y avant qu’il ne soit trop tard, …

Les membres de la commission – avril 2010: J-J DEB (Président), G. HOL (Rapporteur), J-M GAI, J-P DAR et F. VEC (Rédacteur).

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