L’article 1er de la Constitution définit la France comme République sociale, qu’est ce qu’une République sociale au XXI siècle ?

« L’article 1er de la Constitution définit la France comme République sociale, qu’est ce qu’une République sociale au XXI siècle ? »

La République sociale contribue à la cohésion sociale et favorise l’amélioration de la condition des plus démunis.

La République sociale est destinée à favoriser :
le bien-être de l’individu par l’action sociale de l’État ;
l’égalité des chances par l’école de la République ;
l’instauration d’une solidarité nationale et le maintien de ce lien social essentiel entre les citoyens ;
la mise en place de droits économiques et sociaux.

Ces buts doivent être atteints par la mise en œuvre d’un droit social, de services publics et d’une politique sociale et solidaire qui sont les trois piliers d’une République sociale.

L’ensemble de ces « piliers » constitue le système social français, système non figé mais en continuelle évolution. En France, par le « pacte républicain », les citoyens délèguent le pouvoir à l’État et à ses représentants par les élections ; en contrepartie, l’Etat doit assurer un certain nombre de missions dont notamment les missions de services publics mais également le respect des principes énoncés dans la Constitution.

Ce modèle français fonctionne sur le principe de la répartition et la redistribution des richesses produites dans le pays. Le système efficace dans un ensemble cohérent macroéconomique est de nos jours fragilisé par la tendance actuelle à l’ultra libéralisation du monde économique.

Qu’en est-il aujourd’hui, au XXI° Siècle, de ces trois piliers de la république sociale ?

L’équilibre structurel de ce système de redistribution sociale est mis à mal par ce qui s’appelle la mondialisation qui s’est faite sur les seuls axes de la dérégulation, de l’ultra libéralisation de la finance et du commerce sans volet « social ».

Concrètement, pour faire face à la crise, la volonté actuelle des Etats est de réduire certains droits sociaux au nom de la compétitivité ; d’aligner le droit du travail sur le « moindre coût » et de faire sauter les verrous sociaux au nom de la libre concurrence.

Les services publics font l’objet d’attaques, notamment au niveau européen, par la déréglementation et des directives européennes qui conduisent les secteurs assurés par les services publics vers le domaine concurrentiel (santé, transports, énergie, communications…) La France n’ayant réussi à sauver que la culture au nom de l’exception culturelle française.

La survie de notre système social devrait nous conduire à obtenir une évolution vers une harmonisation des systèmes sociaux européens. Si ce modèle à un coût pour la société il a également un rôle moteur car la redistribution représente plus de 30% du PIB ; cela nous engage à améliorer l’efficience de notre système ne serait-ce que pour le rendre attractif pour d’autres pays. La règle d’un alignement programmé vers un « mieux disant social » est indispensable pour rééquilibrer la mortelle concurrence économique actuelle basée essentiellement sur le « moindre coût ».

A défaut de construction d’une véritable Europe sociale, la question pourrait devenir : une République sociale peut-elle survivre dans une Europe où l’absence de règle dans ce domaine est imposée par un système économique globalisé et dérégulé? l’humain n’étant vu que comme un élément contributeur au fonctionnement du système, c’est à dire comme un simple rouage, et non comme l’élément essentiel dont l’amélioration de sa condition est le but ultime du système économique et social.

En conclusion,

L’élaboration d’un système social qui a pour vocation de favoriser le bien être de l’individu et qui impose à l’Etat d’intervenir pour résoudre les problématiques sociales, fait partie de la réflexion et est l’une des missions de la maçonnerie en général et du GODF en particulier : améliorer l’Homme et la Société. La maçonnerie devrait donc, naturellement, trouver dans ce chantier une occasion d’œuvrer à l’amélioration et à l’exportation de ce modèle.

La commission a dit.

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